Le 21 mai 2026 restera gravé dans la mémoire d’Isabelle Mathé-Queylat. Ce jour-là, un violent incendie ravage un îlot d’immeubles voisin de son magasin, Maison Garonne, dans la rue Garonne à Agen. Installée depuis seulement deux mois, cette commerçante vit un véritable choc. Pourtant, elle refuse de baisser les bras. Son parcours témoigne d’une force intérieure rare, faite de courage et de résilience.
Le choc de l’incendie : quand tout bascule en quelques minutes
Isabelle rentrait chez elle lorsqu’elle a vu la fumée s’élever au-dessus du centre-ville. « Plus je me rapprochais, plus c’était vers ma zone », raconte-t-elle. À hauteur du Pont-de-Pierre, la réalité s’impose : le feu fait rage à quelques mètres de sa boutique. Les policiers bloquent l’accès à la rue Richard-Cœur de Lyon. La commerçante comprend alors que son avenir immédiat est suspendu.
Le magasin ferme pendant deux jours. Puis rouvre par à-coups, dans un climat d’incertitude. Chaque soir, les pompiers signalent des reprises de flammes. L’inquiétude grandit, surtout face au risque d’une propagation par les toitures. Isabelle reste en contact constant avec les autres commerçants du quartier.
Maison Garonne : un commerce lancé sur une bonne dynamique
Avant le drame, l’aventure avait tout d’un pari gagnant. Isabelle a ouvert son magasin de 120 m² le 29 mai. Ancienne cadre dans l’agroalimentaire, elle y expose des meubles chinés et rénovés, de la décoration et du mobilier neuf. un mélange personnel, pensé avec passion. « Pour un démarrage dans le commerce, je suis contente », confie-t-elle.
Le problème après l’incendie, c’est la visibilité. Sa partie de la rue reste accessible, mais beaucoup de clients l’ignorent. Certains s’arrêtent place des Laitiers, pensant que tout est fermé. Isabelle réclame des panneaux, un fléchage, une bâche qui présenterait les boutiques encore ouvertes. Un besoin simple, mais essentiel pour faire revenir les passants.
Une solidarité inattendue au cœur du quartier
Dans l’épreuve, des liens forts se sont tissés. Des clients reviennent spécialement pour soutenir les commerçants. Les boutiquiers s’entraident, s’échangent des informations, se relaient. Isabelle discute aussi avec des habitants sinistrés, dont certains attendent toujours de réintégrer leur logement. « Il y a une belle solidarité qui s’est mise en place », souligne-t-elle.
Cette entraide ne répare pas tout, mais elle change le regard. La rue blessée retrouve peu à peu une forme de vie. Pour la commerçante, c’est une source d’énergie. Une raison de continuer, malgré l’émotion et les souvenirs douloureux.
Rebondir après l’épreuve : le combat d’une femme déterminée
Isabelle refuse de laisser l’incendie écrire la suite de son histoire. « Il faut qu’on arrive à rebondir de cette tristesse pour remotiver tout le monde », lance-t-elle. Son moteur : redonner vie à la reconstruction du quartier. Elle croit en son concept et au potentiel du centre-ville d’Agen. Les fêtes de la ville approchent, et avec elles, l’espoir de retrouver du passage.
- 🕯️ Une chaîne de soutien : clients, voisins et inconnus se mobilisent
- 🏪 Des boutiques qui rouvrent progressivement, malgré les dégâts
- 🤝 Les commerçants s’organisent pour communiquer ensemble
- 📢 Des demandes claires : fléchage, bâches, visibilité pour les passants
- ✨ L’envie de retransformer la rue en lieu d’échange et de vie
La commerçante attend désormais des réponses concrètes : réouverture complète, organisation de la circulation, dispositifs pour attirer les clients. « Au moins, qu’on ait une visibilité », insiste-t-elle. Pour elle, la rue Garonne doit redevenir un lieu où l’on se croise, où l’on discute, où l’on vit. Le témoignage d’Isabelle est celui d’une femme qui choisit d’avancer, pas à pas, sans oublier ceux qui sont tombés.

Architecte d’intérieur de formation, journaliste maison depuis quinze ans, installée dans une vieille maison de pays restaurée pierre par pierre entre Lyon et le Beaujolais.